Guillaume à Nanterre


Masques, objets et pendule
22 mars 2008, 5:15
Classé dans : Escapades, France

Y’a pas juste les pièces de théâtre dans la vie.

Entre mes cours et mes pièces, j’ai quand même le temps d’aller sur Internet et de découvrir sur Couchsurfing les prochaines rencontres ecclectiques de ses membres.  Cette semaine, l’une d’entre elles était plutôt intéressante: un bal masqué à Versailles !  Vous comprenez donc que votre reporter préféré a vite sauté sur l’occasion.  Une semaine et un masque procuré dans une boutique de costumes plus tard, j’étais sur les lieux royaux: le Pas du Roy, un restaurant-lounge nouvellement rénové en face du château de Louis XIV.  Musique salsa, disco, techtonik et dance au menu.  Des gens en moyenne un peu plus âgés que moi, avec pour tout déguisement un masque (j’avoue avoir imaginé des costards et des robes de soirées appareillés aux masques… je visais un peu trop haut) et presque tous en lien avec Couchsurfing.  Français, Américaines, Japonaise, Autrichiens et… Québécois: un melting-pot masqué !

Une partie des gens du party

Le lendemain, après une nuit (trop) courte a dormir sur le canapé d’un des fêtards de la veille, je prends à 8h30 du matin le train pour revenir au centre de Paris.  Ce n’est pas le temps de se reposer: il y a au musée des Arts et Métiers une journée de conférence consacrée au théâtre d’objet (chassez le naturel, il revient au galop…).  À mi-chemin entre le théâtre d’acteur et le théâtre de marionnette, le théâtre d’objet, comme son nom l’indique, prends les objets de notre quotidien comme point d’appui à des histoires loufoques et touchantes.  Je vous conseille de regarder le vidéo promotionnel de Ubu sur table, une mythique création de la compagnie québécoise La Pire Espèce pour que vous compreniez un peu plus ce à quoi ce genre de théâtre peut ressembler.  Des praticiens de différentes compagnies françaises (dont Christian Carrignon du Théâtre des Cuisines, venu donner des conférences au Québec la session dernière), des universitaires sérieux et même un anthropologue participaient à cette discussion sur la place de l’objet-pauvre, l’objet-haillon, l’objet-revenant au théâtre.  Ces objets infra-quotidiens, ces déchets devenus hors d’usage que l’on laisse traîner dans la rue ou dans les greniers et qui témoignent pourtant d’une histoire, de notre Histoire.  C’est à ces débris naufragés du temps que les partisans du théâtre d’objet s’intéressent, n’hésitant pas à parcourir les greniers et autres marchés aux puces pour récupérer ceux qui les touchent le plus sans qu’ils ne sachent réellement pourquoi.  Un théâtre-musée loufoque des petits riens qui en disent long. 

Pendant les pauses, j’en profitait pour aller me promener dans le musée.  Les Arts et Métiers, c’est en fait le temple des inventions qui ont révolutionné notre quotidien.  On y voit des prototypes originaux d’avions, de voitures, de bicyclettes, de moteurs… et le pendule de Foucault (pour ceux qui ont lu le roman d’Umberto Eco, c’est bien lui !).  Dans une section du musée qui n’est rien de moins qu’une ancienne église vouée depuis les lendemains de la Révolution à ce musée des sciences (belle récupération de bâtiment !), nous pouvons voir cette grosse sphère de métal osciller au bout d’un long fil accroché au plafond et qui démontre hors de tout doute que la Terre tourne (puisqu’elle change tranquillement d’axe continuellement).  Cette expérience faite en publique par Foucault pour la première fois en 1851 au Panthéon de Paris a eu un retentissement international.  Bien qu’on savait déjà depuis longtemps que la Terre n’était pas immobile (merci Galilée et les autres), c’était l’une des premières fois qu’une expérience toute simple démontrait clairement ce phénomène.

Le pendule de Foucault La salle du pendule

Et pour finir cet article en beauté, et pour prouver que je ne fais pas que des choses incroyables ou sérieuses, je ne peux m’empêcher de vous montrer ce vidéo youtube d’un ventriloquiste américain trop comique : Taylor Mason .


2 commentaires jusqu'à présent
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Wow! Que d’aventures!
C’est chouette de te lire! :)

Commentaire par Solen

Salut mon Guillaume-le-snoro,
je te vois venir, toi et ton bal masqué : la cas classique de la rencontre idyllique avec l’âme soeur sous le couvert d’un anonymat qui rehausse l’exotisme de la relation amoureuse. Aie aie aie… Bel effort, mon vieux.
Parlant d’âme soeur, disons que la tienne (ta soeur), file joyeusement sur des succès d’auditions, hein? Ça doit être son entourage de comédiens superbement magnifiques (ben oui, c’est ton ancienne gang d’amateurs, ça!) qui lui donne de l’inspiration.
Parlant de ta gang d’anciens collègues-comédiens, ça avance notre pièce. On devrait tous arriver en même temps au début juin pour la jouer, cette pièce. Pis Jacques-Coco-le metteur en scène est ben optimiste.
Finalement, la vie a l’air d’être difficle là-bas : Maroc, Belgique, etc. Ouais, y’a des vies plus tough que ça!!!

Tourlou.
N.

Commentaire par Normand




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