Au menu cette semaine: deux pièces de 6 heures chacune (d’accord… incluant les entractes) ! On est fan de théâtre ou on l’est pas…
D’abord, Angels in america, une « fantaisie gay sur des thèmes nationaux » de Tony Kushner, mis en scène par Krzysztof Warlikowski (un Polonais venant de Cracovie !). Dans les années 80 aux États-Unis, le Sida fait des ravages dans les cercles gays qui ne connaissent pas encore complètement sa gravité. Cette pièce, magnifiquement écrite (avec un humour juif comme on les aime) et qui va à la charge d’une société puritaine où l’hypocrisie est de mise, a malheureusement eu de la difficulté à passer sur la scène (même si elle a fait une superbe télésérie dans laquelle jouait entre autres Al Pacino). Pièce jouée en polonais et surtitrée en français (imaginez ça pendant 5 heures…), elle était accueillie par le théâtre parisien du Rond-Point, un théâtre circulaire ayant été dans une autre vie une salle de Panoramas, qui montrait à 360 degrés des toiles peintes des exploits des héros militaires de l’époque. Avec une influence cinématographique marquée, notament avec ses doubles-scènes fréquentes et sa scénographie horizontale, on avait néanmoins l’impression que la fin de la pièce (mettons les derniers 2 heures…) tournaient en rond, ajoutant scène après scène les mêmes choses qu’on nous avait dit ou qu’on avait déjà compris. C’est dommage parce que, le metteur en scène polonais ayant dernièrement frappé fort avec une mise en scène d’une autre pièce au Festival d’Avignon, le tout-Paris s’est précipité pour voir cette pièce-ci puisqu’elle n’était qu’une semaine à l’affiche…

L’Orestie d’Eschyle, traduit du grec ancien et mis en scène par Olivier Py (il joue même le rôle du Veilleur au tout début de la pièce !). La pièce se joue à l’Odéon, un théâtre néoclassique inauguré en 1783 et qui est devenu l’un des 5 « théâtres nationaux » de France entièrement subventionné par le ministère de la Culture, dirigé depuis 2007 par nul autre qu’Olivier Py. Cette pièce est en fait une trilogie, et est en plus la plus seule complète qui nous soit restée de l’Antiquité grecque. Ce classique des classiques a été heureusement magnifiquement compris et créé sur scène par un très intelligent bonhomme. Avec ce que ça implique de « Ooooooh Zeus ! » les mains tendues dans les airs, de comédiens nus jouant la transe prophétique et de faux-sang maculé sur tout ce qui est sur scène, la pièce a quand même ses originalités avec surtout son superbe choeur qui chante en grec ancien (encore un peu de surtitres ici…) comme dans un opéra ses répliques, aidé par un quatuor de musiciens classiques situés tout en haut du décor. C’est donc quelque chose qui se rapproche d’un « spectacle total » et qui tente assez justement d’enseigner aux spectateurs presque toute l’histoire de la lignée des Atrides. Finalement, la scénographie imposante et impressionnante, rappelant un TNM avec encore plus de budget, permet notamment de montrer les meurtres qui viennent de se commettre en faisant carrément pivoter une salle au complet, dévoilant sous la lumière des néons blanc les assassins avec leurs assassinés maculés de rouge, ou bien de faire entrer Agammemnon et Cassandre de retour de la guerre de Troie en voiture sur la scène… Think big ! Ils l’ont l’affaire les Français !
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[...] Warlikowski, dont j’ai vu dernièrement un spectacle qui m’avait laissé sur ma faim (Angels in america, vous vous souvenez ?) mais qui reste si encensé par la critique française que je restais [...]
Ping par Iphigénie en Tauride au Palais Garnier « Guillaume à Nanterre 2 juin 2008 @ 6:08